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Intervention de Mr Marcel Osenat

Président de l’APEM.

Monsieur le Président du conseil général, Messieurs les Présidents, messieurs et mesdames les élus, Mesdames, Messieurs,

Tout d’abord , permettez moi de féliciter le président Lise d’avoir pris l’initiative d’organiser ce colloque mais surtout, le remercier d’avoir accordé aujourd’hui un temps d’intervention consacré à l’économie, puisqu’il s’agit pour moi de vous entretenir de   “ la vision stratégique des responsables économiques en matière de développement ”. Il semble en effet important, aux moments des échanges sur les éventuelles évolutions institutionnelles, de camper les perspectives économiques.

En effet, comment dissocier cadre institutionnel et développement économique ?

Comment peut - on concevoir une évolution du cadre institutionnel qui conditionne l’environnement économique sans, au préalable, avoir un projet de développement  qui définit où nous voulons aller et quels sont les moyens à mettre en oeuvre?

Toute évolution, désormais possible voire souhaitable, doit impérativement se traduire par des capacités supplémentaires de développement, seul moyen de garantir le mieux être des populations.

Je voudrais donc, d’entrée de jeu vous dire combien nous considérons comme fondamental de disposer à la fois d’un projet économique et d’un projet “ institutionnel ” dans le même temps ; Il ne faut plus dissocier ces deux dimensions d’une même ambition pour la Martinique.

C’est la raison pour laquelle, les chefs d’entreprise, réunis au sein de l’APEM, qui comme vous le savez regroupe les compagnies consulaires et les organisations professionnelles ont travaillé à l’élaboration d’une contribution sur le plan économique qu’ils souhaitent apporter à un projet plus large de développement économique, social et culturel durable. Le moment est en effet venu pour nous d’exprimer la vision stratégique des acteurs économiques.

Quel est donc l’objectif à atteindre selon nous ?

Permettre à notre économie de dégager une plus grande valeur ajoutée globale, pour réduire notre dépendance économique, assurer une plus grande part de notre création de richesses et permettre ainsi création d’emploi et amélioration du niveau de vie.

En effet, quels que soient les effets positifs indéniables des politiques passées, basées sur la demande, cette situation ne semble ni pouvoir, ni devoir durer !

Certes, le niveau de vie s’est sans cesse amélioré, il est l’un des meilleurs de notre région caraïbe, et la liste des bons indicateurs serait longue, mais notre économie actuellement est trop sous la dépendance des transferts, avec un effet multiplicateur de la dépense publique très faible sur l’économie, un taux de chômage important, une exclusion qui persiste : cette situation ne peut convenir, l’essentiel de notre “ richesse ” n’est pas générée par notre économie.

Elle ne pourra pas non plus perdurer dans une économie nationale de plus en plus en compétition sur le plan international, et qui considère que l’outre mer coûte cher (à tort ou à raison).

Bref, il nous faut inverser la vapeur.

C’est la mise en place d’une politique de l’offre (au lieu de la demande) que nous appelons de nos voeux.

 

1. Nos choix stratégiques

- Il nous faut clairement choisir l’ouverture.

Seule l’ouverture vers les marchés extérieurs nous permet de contourner le handicap de notre marché naturellement étroit.

La Martinique, île ouverte aux échanges doit mettre en valeur les atouts que lui confère cette situation.

L’évolution rapide des moyens modernes de transports et de communications doit nous engager vers cette démarche d’ouverture : l’insularité, l’éloignement, les limites physiques du marché peuvent être alors dépassées.

Tout doit alors être mis en oeuvre pour favoriser la compétitivité de nos entreprises sur le plan international, en confortant un positionnement original au sein de l’Europe et de la Caraïbe.

Ainsi, le tourisme peut et doit devenir cette locomotive permettant d’élargir notre marché vers des consommateurs extérieurs et créer ainsi les conditions favorables pour entraîner d’autres secteurs de l’économie.

Il nous faut désormais consentir des efforts importants pour accroître l’offre des produits touristiques, améliorer la qualité des prestations et faire de la promotion de la destination Martinique une priorité : tout cela doit s’appuyer sur volonté politique forte, partagée, clairement exprimée et agissante.

C’est par cet élargissement du marché que nous pourrions ainsi créer cet effet d’entraînement sur nos productions locales de biens et de services.

Le secteur des NTIC est un autre axe de développement de même nature : l’apparition de cette nouvelle économie constitue une opportunité très importante puisque cette activité s’ouvre clairement sur le monde qui devient le marché naturel, en gommant alors tous nos handicaps traditionnels (étroitesse, éloignement, absence de matières premières, coûts des transports) : nous pouvons sur ce segment là disposer d’une véritable compétitivité et valoriser nos atouts (technologiques, télécommunications, infrastructures, formation) et en optimisant notre matière première la plus significative dans ce domaine, le niveau de formation des hommes et des femmes en Martinique.

Il nous faut désormais aller sur les marchés, sur les “ niches ” ou la variable coût main d’úuvre nous rend compétitif. En résumé, faire de la Martinique une véritable plate forme internationale de services semble bien l’une des meilleures voies de valorisation de nos atouts.

 

- Il nous faut conquérir notre marché intérieur

Nous disposons d’un marché intérieur où il existe un pouvoir d’achat : il faut permettre aux entreprises locales de mieux cibler ce marché, occupé trop fortement par l’importation.

C’est en effet un socle indispensable qui doit permettre aux entreprises, après avoir prouvé leur capacité sur le marché local, d’aller vers des marchés extérieurs

Cela suppose des conditions de compétitivité plus fortes des entreprises martiniquaises : il ne s’agit pas du tout d’un choix de repli sur soi, qu’il nous faut refuser, mais plutôt d’une politique mise en oeuvre vers l’Entreprise pour la doter de moyens de compétitivité pour mieux conquérir son marché : c’est bien, ici encore, par une politique tournée vers l’Entreprise, productrice de richesses, que nous pourrons atteindre ces objectifs.

 

- Il nous faut enfin construire un vrai positionnement d’excellence.

Seuls, aujourd’hui, quoiqu’on fasse, les meilleurs auront accès aux marchés : C’est une véritable démarche Qualité qui doit prendre place dans toutes nos entreprises, privées et publiques, créant ainsi un état d’esprit nouveau, et en abandonnant ainsi notre bon vieux “ i bon kon ÿa ”.

Trois orientations stratégiques simples, mais en réalité ambitieuses peuvent ainsi définies. De quels moyens avons nous besoin pour les mettre en oeuvre ?

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