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Journal France-Antilles du mardi 2 octobre 2001
Claude LISE, porter le débat au sein de la population !

France Antilles :

Pourquoi avoir organisé un tel colloque ?

 

Claude LISE :

Au moment où la procédure d’évolution institutionnelle, contenue dans la Loi d’orientation pour l’Outre mer, est enclenchée, avec l’installation du Congrès et le début des travaux de la commission ad hoc, il est apparu nécessaire aux élus du Conseil Général de faire en sorte de porter le débat au sein de la population. Il s’agit, à travers des échanges avec des universitaires et des acteurs socio-économiques, en l’occurrence, de contribuer à donner aux Martiniquais les moyens de mesurer les enjeux du débat en cours.

Le but n’est pas de défendre telle ou telle option, ce qui est davantage le rôle des partis politiques. L’objectif est plutôt, sachant que la procédure engagée prévoit la consultation des Martiniquais sur tout projet d’évolution élaboré par le Congrès, de contribuer au grand débat citoyen qui doit s’instaurer sur cette question.

 

France Antilles :

Les intervenants ne semblent pas trop marqués politiquement, cela a-t-il une signification ?

 

Claude LISE :

Nous avons, en effet, choisi des intervenants qui ne sont pas directement engagés dans la vie politique, mais plutôt des universitaires qui ont tous travaillé sur la question institutionnelle dans les D.O.M. ainsi que deux représentants du monde socio-économique qui exprimeront le point de vue de ce secteur.

En fait, il s’agit, au-delà des prises de position partisanes, qui sont évidemment légitimes dans une démocratie, de fournir au citoyen des éléments d’analyse objective, des éléments d’information et de clarification sur toute une série de sujets, afin de lui permettre d’effectuer, demain, un choix en toute connaissance de cause.

 

France Antilles :

Allez-vous multiplier ce genre d’initiative devant une population qui semble indifférente à l’évolution institutionnelle, surtout si elle a l’assurance que la Martinique restera dans le cadre franÿais et européen ?

 

Claude LISE :

Je ne crois pas du tout que les Martiniquais soient indifférents à la question de l’évolution institutionnelle de leur pays. Je constate, au contraire, quotidiennement, au contact des citoyens, que ceux-ci tiennent à ce que rien ne se décide dans leur dos ; et ils sont, de ce point de vue, très attachés au principe de consultation des populations contenue dans la procédure engagée.

De plus, il est important de souligner que même si un consensus semble s’être dégagé, au sein de la classe politique martiniquaise, autour de l’appartenance aux ensembles franÿais et européen, il existe, de fait, diverses formes de relations à ces ensembles qui entraînent des conséquences différentes.

Je sais, par exemple, les Martiniquais très attachés à un certain nombre d’acquis, notamment sur le plan social et sur celui des libertés démocratiques. Par conséquent, je ne crois pas que discuter de cela leur soit indifférent.

Pour ma part, je les invite à participer nombreux à ce moment d’échange auquel le Conseil Général les convie demain.

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