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Intervention de Mr Justin Daniel

Maître de conférence de Sciences politiques l’U.A.G. (Martinique)

LA DEMOCRATIE LOCALE A L’OREE DU CHANGEMENT DE STATUT

Introduction

- En guise d’introduction : un constat en forme de paradoxe : existence d’un énorme décalage entre l’omniprésence du thème de la démocratie dite participative et l’apparente pauvreté des résultats constatés dans le fonctionnement régulier des institutions locales ;

- La campagne électorale de mars dernier a été largement meublée par le mythe mobilisateur de la démocratie participative (ou encore de proximité);

- En se projetant dans l’avenir, on pourrait d’ailleurs prendre un pari sans risque : perpétuation de cet écart, même en cas de changement de statut, sous la forme du triomphe au plan symbolique, voire d’une certaine consécration juridique de la prétendue démocratie participative d’un côté, et de l’autre d’une faiblesse de la participation doublée d’une forte concentration des pouvoirs.  Après tout : ce ne serait pas la 1ère fois que l’on constaterait une déconnexion entre les stratégies de conquête d’espaces de pouvoirs ou de postes électifs, l’argumentaire sous-tendant ces stratégies et la réalité observée sur le terrain ;

- Mais surtout, les 1ers documents de travail et contributions disponibles ­ ceux des partis et mouvements politiques, ceux issus des ateliers du projet Martinique ­ ne sont guère de nature, toutes choses égales d’ailleurs, à lever cette incertitude :

Et pourtant si ces questions sont un thème récurrent du discours politique, c’est qu’elles reflètent la prise de conscience, ne serait-ce que sur un mode mineur, d’un malaise. Malaise depuis longtemps diagnostiqué par le discours savant, non sans avoir versé, lui aussi, dans une autre rhétorique : celle de la crise de la démocratie représentative. Il n’est pas besoin de revenir longuement sur les éléments de ce diagnostic :

Dans le cadre de cette brève présentation :

- pas question d’apporter des réponses fermes et définitives à des questions d’une grande complexité et aux enjeux multiples : plus modestement dégager quelques pistes susceptibles d’alimenter les discussions en cours.

- tenter de réfléchir à hte voix sur les problèmes que ne manquera pas de soulever le fonctionnement de la démocratie locale dans un cadre institutionnel nouveau ;

- Pour se faire, articuler mes propos autour de deux thèmes principaux :

 

I) Premier point : Politiques publiques territoriales et démocratie locale Pourquoi commencer par les politiques publiques territoriales ?

- Réforme statutaire n’a pas de valeur en soi ; elle n’a d’intérêt que si elle est mise au service de programmes d’action publique ­ les politiques publiques ­ procédant d’une matrice commune qu’on pourrait appeler “ projet ”. Le terme projet incline d’ailleurs à la prudence et au scepticisme à l’égard des discours qui font dériver mécaniquement l’avènement d’une nouvelle société d’un changement institutionnel ;

- Or modalités d’élaboration et de mise en oeuvre des PP ont à voir avec la démocratie pour plusieurs raisons :

- Cette 1ère remarque se double et se renforce d’un second constat qui incite à s’interroger sur le fonctionnement de la démocratie locale : la capacité à peser sur les choix et leur mise en oeuvre est très inégalement répartie au sein de la société :

Ex : Mise en place de structures et canaux institutionnalisés permettant l’expression de l’ensemble des citoyens, à travers par exemple des “ forums d’association ” ou des “ comités de quartiers ” ;

A condition encore une fois que l’élection reste la garantie fondatrice et ultime d’une re-légitimation et d’une hiérarchisation périodiques des différentes formes de pouvoir et de représentation ;

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